Son parfum est entre la noisette et la châtaigne, et grillée, elle ressemble un peu à de l’amande…
C’est entre fin septembre et début octobre qu’elles jonchent le sol des hêtraies. Mais mieux vaut commencer la cueillette tôt, les écureuils en raffolent…

Dans les campagnes, la faine de hêtre, c’était précieux ! Maintenant on marche dessus. Aujourd’hui on en trouve nulle part en magasin. Elles se sont complètement faites éclipser par les autres noix, plus faciles à cultiver, à ramasser et à transformer.
Il faut avouer qu’il y a plus à manger sur une noisette que sur une faine de hêtre…
Mais il y a encore 50 ans de ça, dans les régions montagneuses du sud de la France, tous les membres de la famille partaient ensemble à la « fainée », pour faire des réserves d’automne. Hyper riches en bonnes graisses et en bons sucres, c’était l’aliment de choix pour passer la saison creuse…
- On en ajoutait une bonne poignée aux gâteaux de farine pour les rendre moins fades.
- Les mères de famille ajoutaient quelques cuillères de son huile aux plats forestiers avec des champignons, du gibier. Elle est tellement pure qu’on peut la conserver jusqu’à 15 ans après son extraction ! (C’est plus que n’importe quelle huile d’olive ou de colza ! Et ça avait le mérite d’être plus facile à trouver qu’une olive, dans les régions les plus reculées et les moins chaudes.)
- On les faisait griller pour les manger comme des graines de tournesol. En milieu de journée ou avant le repas du soir…
- Certains foyers fabriquaient aussi un « beurre » avec ces fruits, en les broyant longuement. On en donnait ensuite une cuillère aux enfants pour ses propriétés antiparasitaires…
Dans certaines régions on les ramasse encore avec des grandes toiles tendues aux pieds des hêtres. On secoue ensuite les toiles pour que le vent emporte les feuilles tombées avec les graines…

Et il ne reste plus que les faines.
Vous trouvez des faines partout où il y a des hêtres, dans les forêts sombres et humides à sols argileux. Les années sèches avec un hiver doux sont les plus propices à de bonnes fainées, ce qui se produit environ tous les 5 ans, par cycles…
Vous saurez assez vite si c’est une « année à faines », en écoutant le bruit que font vos pas dans les hêtraies. Plus le sol craque sous vos pieds, à cause des cupules (qui contiennent ses fruits) plus vous avez de chances de faire une bonne récolte !
Mathilde Combes
Source : https://nature-autonomie.com/


